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En cascades

Manuel Burgener
Selina Reber
Andreas Kressig

Exposition du 10 mai au 17 juin 2012
Commissariat de l’exposition : Marie-Eve Knoerle
Feuille de salle (pdf)
Flyer (pdf)

Manuel Burgener


Selina Reber

Selina Reber


De G à D : Manuel Burgener, Selina Reber


Manuel Burgener

Manuel Burgener

Crédit photographique : Rebecca Bowring

Soutien annuel à Piano Nobile : Ville de Genève – Département de la culture et du sport. La programmation 2012 bénéficie du soutien du Pour-cent culturel Migros
L'exposition bénéficie du soutien de l'Office de la culture du Canton de Berne/SWISSLOS, de la Ville de Berne et de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture.

 

 

 

 

L’exposition propose un aperçu du travail de Manuel Burgener et Selina Reber dont c’est la première présentation à Genève, avec un choix d’œuvres imprimées d’Andreas Kressig, peu montrées en tant que travail autonome. Ce dernier interviendra dans un deuxième temps à l’intérieur d’une cave de la cour intérieure de l’arcade, à l’occasion de la dernière utilisation du lieu avant déménagement de Piano Nobile.

Plus que de construire ou de fixer, Manuel Burgener (*1978, vit et travaille à Berne) organise les éléments qu’il choisit et de fait, l’espace qui les entoure. Son répertoire plastique se situe autour de matériaux bruts, souvent récupérés, des lattes de bois, du verre ; il intègre parfois la technique du photogramme ou la porcelaine travaillée à partir du modelage; il joue encore avec l’impact de la lumière.
Comme l’écrit Philippe Pirotte, il y a chez Manuel Burgener un certain refus de la justification du geste artistique (« He empties his acts of specific motives or aims that one could ascribe to them. His very artistic acts refuse any story that would legitimate his praxis or even explain it. It seems as if he wants to liberate a space from (his own) authorship in order to act without history. » *
Il aborde la sculpture ou l’installation par des assemblages éphémères qui s’apparentent à un état, une situation ; la temporalité de ses propositions s’apprécie par leur équilibre souvent fragile, des micro événements qui se glissent dans les interstices, donnant l’impression que le processus pourrait être poursuivi. Ses oeuvres posent une série de questions ouvertes. Situées dans le registre du sensible, elles rendent visible la partie cachée d’un élément, elles jouent avec la perception. Elles sont le résultat d’un long processus d’observation où l’artiste s’interroge de manière quasi scientifique sur l’empreinte laissée sur certaines matières par exemple, sur la résistance des matériaux qu’il utilise, sur l’imbrication des objets qui constituent son environnement. Intuitif, son travail implique une intervention du hasard, mais un hasard guidé. Il fait subtilement apparaître des situations à petite échelle qui reflètent des questions plus universelles.

Avec un tracé clair et une certaine systématique, dessinant de mémoire et d’« un trait », Selina Reber (*1985, vit et travaille à Berne), s’intéresse aux états intermédiaires et au potentiel de certaines formes et matières, elle révèle sur la feuille le processus d’observation, un imaginaire personnel. Le dynamisme des éléments entremêlés, les directions et les mouvements constituent ses centres d’attention ;  elle en renouvelle les représentations avec passion.
En 2009, l’artiste a entrepris une série de planches intitulées « vocabulaire », qu’elle continue à développer, en parallèle d’une production de dessins autonomes. Elle y traite de motifs, d’idées, d’images, qu’elle expérimente par un jeu de combinaisons et de déplacements ; elle invente des fonctionnements, joue avec la notion de gravité. Son langage visuel est concentré, une rythmique de formes, une recherche autour de nœuds, torsions, réseaux, drapés, plis et leurs articulations ; des liens comme métaphore de la communication. Ses sujets d’inspiration sont les explosions, les drapés de tentes, les machines « perpetuum mobile », les champs de bataille, les dessins d’objets archéologiques, etc, à partir desquels elle imagine de nouveaux contours.

Statut hybride entre l’étude « classique » sortie du carnet d’esquisse, le dessin scientifique, le mode d’emploi, l’illustration – amorce figurative -, et une composition de fragments ; s’éloignant de la narration, chaque planche du vocabulaire pose une sorte de cartographie de la pensée, un langage intuitif, avec ponctuation.

Le dispositif de présentation des dessins, imaginé par Manuel Burgener, propose une situation de lecture autant qu’il crée un dialogue entre les travaux des deux artistes.

Depuis 1994, en parallèle de son travail d’installation, Andreas Kressig (*1971, vit et travaille à Genève) produit régulièrement des œuvres de format A4 qui se composent par superpositions d’éléments trouvés ; la première couche est un papier artisanal, pré imprimé ou texturé, souvent un papier japonais, la deuxième, une impression laser qui permet à l’artiste de réaliser des multiples tirés au nombre d’exemplaire que contient le paquet de feuilles acheté. À ce fond « ready made » (parfois transformé en objet), viennent ainsi s’appliquer des visuels ou motifs qui résultent de détails observés par l’artiste dans différents contextes : un motif de matériau d’isolation, l’itinéraire de visite d'une cathédrale, un glaçon fondu sur une feuille de papier, un modèle servant de fond aux bandes dessinées manga, le pourtour d’une pierre qui reprend la forme d’un « Daruma » (personnage de la culture japonaise), un symbole topographique de cascade sur une carte japonaise, etc.. L’artiste extrait ces images et les combine avec le support papier, selon des associations subjectives et une sensibilité esthétique, en préservant une apparence quelque peu cryptée ; le titre donne un indice sur la référence ou l’anecdote à l’origine du motif.
Le principe de l’assemblage qui mène à ces compositions bidimensionnelles, de même que leur présentation - entre stockage et accrochage modulaire -, rejouent l’univers et la démarche installative de l’artiste. Utiliser l’existant, récupérer, parfois saturer, combiner avec la plasticité de la lumière.
Pour son intervention de deux jours, l’artiste réalise une installation in situ selon un processus qu’il expérimente depuis plusieurs années. Il propose « un imaginaire qui n’est jamais destitué de préoccupations écologiques et, partant, d’un scénario parfois alarmiste, à la limite de la catastrophe. Entre l’énergie créatrice liée à la symbolique même de la lumière et l’énergie destructrice véhiculée par les techniques de guerre, les dispositifs montés par A. Kressig s’ouvrent à différentes interprétations qui ne font sens que dans la mise en tension de ces oppositions. » **

Marie-Eve Knoerle

* Philippe Pirotte about Manuel Burgener, avril 2010, à l’occasion d’une exposition à la Kunsthalle de Berne
** Hic et nunc, Karine Tissot, décembre 2010


Andreas Kressig


Andreas Kressig


Andreas Kressig

Andreas Kressig

Manuel Burgener