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aliquid mirari

Lena Amuat & Zoë Meyer
Benoît Billotte
Géraldine Singy

L’exposition réunit les artistes Lena Amuat & Zoë Meyer, Benoît Billotte et Géraldine Singy, qui présentent de nouvelles créations, dont la plupart produites pour l’occasion. Un dialogue se crée entre certains aspects de leurs recherches et le champ lexical de cette exposition pourrait tourner autour de l’illusion. « S’étonner de quelque chose » (aliquid mirari) comme point de départ des différentes lectures possibles des œuvres.

Exposition du 14 mars au 26 avril 2014
Commissariat de l'exposition : Marie-Eve Knoerle
Feuille de salle (pdf)
Flyer (pdf)



Lena Amuat et Zoë Meyer


Benoît Billotte


Benoît Billotte


Crédit photographique : Mauve Serra

Piano Nobile bénéficie du soutien de la Ville de Genève – Département de la culture et du sport, de la République et canton de Genève, de la Fondation pour la promotion de lieux pour la culture émergente, du Pour-cent culturel Migros

 

 

 

 

Lena Amuat et Zoë Meyer travaillent depuis cinq ans en duo à partir d’artefacts tels des véhicules de transmission du savoir (maquettes, modèles mathématiques, objets de rituels, etc.) en étudiant la manière dont ce dernier peut être visualisé et communiqué. Les questions sur la construction de la vérité et sur les processus de perception sont également présentes dans leurs recherches. Les artistes développent un corpus de photographies principalement argentiques, d’éléments qu’elles découvrent dans les archives de musées ou de bibliothèques, dans l’idée d’une collection encyclopédique en expansion. Dans leurs travaux récents, elles explorent de plus en plus la question de l’illusion et du trompe-l’œil.

Pour cette exposition, elles ont réalisé une photographie agrandie sur un papier mural qui ouvre à une dimension au-delà de l’espace d’exposition, rejoignant la définition du tableau comme « fenêtre ouverte ». L’illusion spatiale est finement liée à l’objet représenté – une reconstitution d’un modèle mathématique perdu du XIXe siècle, outil didactique servant à exemplifier les principes de la perspective de théâtre et la théorie de la perspective-relief. A l’échelle du spectateur, les formes élémentaires, combinées, sont elles-mêmes scénarisées. Ces volumes sont en réalité déformés et la prise de vue choisit un angle qui révèle une perspective optimale. La construction de l’image évoque ainsi la transformation de la réalité ; elle parle intrinsèquement du médium photographique.

*1977 à Zurich / *1975 à Berne, vivent et travaillent à Zurich et Berlin. Elles ont terminé un Master of Arts in Fine Arts, ZHdK, Zurich en 2013 après une première formation en photographie dans la même école.

Le travail artistique de Benoît Billotte est créé par le transfert de données cartographiques, architecturales et scientifiques, principalement en dessins, également en maquettes, objets ou animations dans lesquels on reconnaît les enjeux d’origine mais qui multiplient les pistes de lecture. Tout en explorant de nouvelles techniques et de nouveaux matériaux en fonction du contenu à représenter, il « manie les cartes, les flux et les statistiques, propose un détournement formel et conceptuel de ces données objectives que la société produit pour se donner des repères. Coupées de leur contexte, ramenées à leur pure abstraction, elles deviennent des signes graphiques et poétiques aux interprétations ouvertes. »

Dans la pièce murale proposée pour l’exposition, l’artiste poursuit ses recherches à partir de plans urbanistiques dont il observe l’organisation. Fragment du plan de Boston dans son état du début du 20e siècle, alors que la découpe des docks était encore saillante, le plan radioconcentrique se distingue de celui d’autres villes américaines. Transposé en un schéma « peint » à même le mur, la matérialité du jus de béton utilisé donne au plan un aspect de ruine et renvoie paradoxalement au développement moderniste urbain. D’aspect organique, le fragment choisi peut également évoquer une forme vivante, proliférant.

L’animation flash Somnia Forma Urbis est réalisée à partir d’un dessin de Piranèse qui se trouve dans la publication « Il Campo Marzio » (1762). Cette reconstitution imaginée de la Rome antique se visite en regardant par un oculus qui fait déambuler le spectateur à travers des bâtiments. La trame presque narrative de l’animation, qui comprend un certain suspens, conduit à un dénouement proche de la science fiction.

*1983, vit et travaille a Genève, a terminé en 2008 un postgrade à la Haute Ecole d’Art et de Design, Genève après une formation DNSEP à Metz.

Géraldine Singy s’intéresse à l’appréhension d’un espace domestique, à transposer en sculpture certains éléments qui dénotent les comportements que chaque individu adopte par rapport à son lieu de vie. On trouve ainsi des éléments d’architecture aux dimensions standard tels des cadres de portes ou des escaliers, les sculptures créant des situations qui incluent une amorce de narration ; le spectateur y reconnaît « une familiarité devenue étrange ».

Avec une première impulsion donnée par les nouvelles conditions de création de l’artiste - passer des espaces d’une école d’art à un atelier réduit à une chambre - la sculpture conçue pour Piano Nobile utilise les mesures de la table de travail de l’artiste, un 70x70 cm du géant suédois, comme module autour duquel se développe un volume énigmatique. Cet espace de travail restreint est lui-même utilisé comme support de visuel, couvert par un motif créé à partir de clous (de tapissier ; autre allusion à l’univers domestique). La pose a été réalisée par un geste répétitif digne d’un jeu de patience ; la surface devient cinétique et complexifie la lecture de l’ensemble.

L’assemblage des éléments se fait à la manière d’un puzzle, la sculpture étant elle-même une première pièce parmi celles d’une série à venir ; un fragment à compléter indéfiniment. Choisissant un titre dans La vie mode d’emploi de Georges Perec, l’artiste convoque l’un des habitants de l’immeuble présenté dans le roman, Gaspard Winckler, et sa réflexion autour de l’art du puzzle où précisément « une pièce à elle seule est une énigme qui devient une évidence lorsque le joueur a réussi à l’assembler avec ses pièces voisines ».

* 1983, vit et travaille à Pully, a terminé un Master Arts Visuels - Haute École d’Art et de Design, Genève en 2013.

Géraldine Singy


Géraldine Singy