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I Know It's a zebra when I see stripes

Dunja Herzog

Empruntant au réel des matériaux qu’elle isole ou qu’elle combine, Dunja
Herzog met en place une oeuvre qui questionne les images, les usages et la place des choses qui nous entourent. Ses sculptures sont des objets hybrides dont la nature et la fonction sont peu définies. Mêlant une certaine familiarité avec l’étrangeté des formes et des rapprochements, elles donnent corps à un monde peuplé d’êtres et de paysages imaginaires.

Exposition du 16 mai au 21 juin 2014
Commissariat de l’exposition :
Marie-Eve Knoerle, Isaline Vuille
Toutes les pièces ont été produites à l’occasion de l’exposition.
Publication Co-édition : NERO, Rome / Piano Nobile, Genève / Istituto Svizzero di Roma (site éditeur)
Feuille de salle (pdf)
Flyer (pdf)


Crédit photographique : Mauve Serra

Soutiens : Ville de Genève – Département de la culture et du sport, Fonds cantonal d'art contemporain - République et canton de Genève, Loterie Romande, Pour-cent culturel Migros, Stanley Thomas Johnson Stiftung, Fondation Erna und Curt Burgauer, Fondation pour la promotion de lieux pour la culture émergente, Bildungs-, Kultur- und Sportdirektion Kanton Basel-Landschaft / kulturelles.bl, Abteilung Kultur Basel-Stadt, Pro Helvetia – Fondation suisse pour la culture

 

 

 

Investissant principalement le champ de la sculpture, Dunja Herzog met en place un monde qui questionne les images, les usages et le rôle des objets qui nous entourent. Matériaux bruts ou objets du quotidien, elle s’attache à mettre en évidence ce qu’ils portent comme enjeux – à la fois dans le domaine économique, social ou politique, et dans le domaine du sensible et des corps.

Procédant souvent par le dépouillement et le vide, elle isole la structure des choses et fait se rencontrer des éléments divers, créant des objets hybrides dont la nature et la fonction sont peu claires. S’il y a une certaine familiarité et une forme de déjà-vu, il s’agit souvent d’un leurre qui met le doigt sur le peu de réalité des images : ainsi, une chaise à l’assise faite d’une pellicule de peinture ; des blocs de mousse peints avec du silicone qui imitent le ciment. Perdant leur fonction originale dont ils conservent une trace confuse, les matériaux assemblés forment des objets énigmatiques, dont certains rappellent du mobilier, d’autres des personnages.

Une lumière verte transforme Piano Nobile en intérieur de serre, fonds marins ou nef de cathédrale – un espace où les choses ne sont plus tout à fait comme dans la réalité du dehors. Dans ce lieu évoluent des formes composées de bribes d’un monde connu, des vestiges peutêtre, comme réassemblés après un bouleversement. Sous une structure qui évoque un avant-toit protecteur, une tente de cérémonie, est assis un être embryonnaire dont la posture évoque un sage, un souverain. Autour de lui, d’autres sculptures rampent, se dressent, tombent. Dans cet espace où les sons, les objets, les couleurs sont altérés, à l’image des clochettes sous une cloche de verre, les choses sont à la fois ce qu’elles sont et autres, et suggèrent qu’à décaler à peine le regard on a accès à des univers foisonnants, multiples et singuliers.

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While investing primarily the field of sculpture, Dunja Herzog sets up a world that questions the images, the uses and the role of objects that surround us. Using raw materials or everyday objects, she seeks to highlight which issues they carry – in terms of economics, society or politics, as well as in the field of tangible and bodies.

As she operates often by striping and emptying, she isolates the structure of things and brings together various elements, creating hybrid objects whose nature and function remain unclear. Even if they sound familiar and give an impression of “déjà vu”, they act like a lure that points out the little reality of images: for example, a chair seat made of a film of paint; foam painted blocks which mimic the cement.

These materials lose their original function while keeping a blurry memory of it, and become enigmatic objects, that evoke furniture or characters. In this multiplicity of meanings we can think of the evocative power of surrealist objects or the heterogeneous compositions of elements of dystopian worlds.

For her exhibition at Piano Nobile, Dunja Herzog works on a series of new works to be presented in a display created specifically for the project – we could say a “scenography” – which will both define each work within the space, give it a context and a location, as well as create a circulation between the pieces, creating proximities, and producing short narratives.