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Reworks
Alexis Guillier

Exposition du 26 mai au 25 juin 2011

Reworks est une collection d'images numériques développée par Alexis Guillier depuis 2009. Les éléments de ce fonds iconographique présentent différentes oeuvres d'art dont la forme a connu une importante altération, que celle-ci soit accidentelle ou volontaire, temporaire ou durablement inscrite. Une partie de cette collection est montrée à Piano Nobile, entre archive numérique et cartographie mentale.

Ouverture du jeudi au vendredi de 16h à 19h30
Samedi de 15h à 19h
Et sur rendez-vous

Visite commentée le mercredi 15 juin à 19h à Piano Nobile
Par Emilie Pellissier, historienne de l’art, rédactrice de la revue Daté

Artless: conférence illustrée, par Alexis Guillier le jeudi 16 juin à 19h à Duplex
9 rue des Amis, dans le cadre de l'exposition "Première chronique: Les dépossédés"
Plus d'information


Piano Nobile
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T  +41 (0)79 880 84 61
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Soutien annuel à Piano Nobile : Ville de Genève - Département de la culture
Soutien à l’exposition : Ambassade de France, Kodak

Artless
Alexis Guillier
Conférence illustrée.
2011

(…) tous les visiteurs voulaient savoir où était jadis la Joconde. Ils ne regardaient pas les autres tableaux.  Ils contemplaient longuement l’espace poussiéreux où souriait, l’autre semaine encore, la divine Monna Lisa. Et fiévreusement, ils prenaient des notes. C’était bien plus intéressant pour eux que si la Joconde avait été à sa place… 

Le Matin, 30 août 1911.

Leonard de Vinci, La Cène, 1494-1498, 460 cm x 880 cm, tempera sur gesso, Eglise Santa Maria delle Grazie, Milan, Italie.
Teenage Mutant Ninja Turtles - Artless, Doug Molitor, USA, 1993. Mirage Studios, Surge Licensing, Fred Wolf Films.

Conférence le jeudi 16 juin à 19h à Duplex, 9 rue des Amis, dans le cadre de l'exposition "Première chronique: Les dépossédés"

 

 

 

 

Reworks
Alexis Guillier

La collection Reworks, développée par Alexis Guillier depuis 2009, utilise entre autres l’une des dernières scènes du film Earth vs the Flying Saucers. Réalisé par Fred F. Sears en 1956, ce film de science fiction raconte l’histoire d’extraterrestres envahissant la terre à la suite d’un malentendu. Ils détruisent les grands monuments de quatre capitales (Washington DC, Paris, Londres et Moscou), effaçant par là les symboles de puissance nationale et anéantissant tout espoir de survie.
La séquence choisie montre une soucoupe volante qui explosedans une très haute tour, renvoyant immédiatement aux images des attaques terroristes du 11 septembre 2001 à New-York.
La destruction de symboles par les gouvernements ou les révolutions populaires, est un thème récurrent dans l’Histoire. Les régimes se succèdent, donnant aux hommes l'opportunité d'effacer toute trace du pouvoir précédent par la destruction de monuments, statues ou mausolées, annulant la mémoire et réécrivant une partie du récit historique.
Le répertoire d’images mis en place par Alexis Guillier, collecte des instantanés d’événements comme autant de points d’entrées dans un discours historiographique. Des statues égyptiennes aux Simpson, ces reproductions évoquent l’histoire de l’art par le biais d’actes de vandalisme, de dégradation, d’iconoclasme ou encore d’un vide iconographique.
Qu’il s’agisse de conservation d’œuvres d’art ou du changement de statut des monuments provoqués par les dégradations, une des questions sous-jacentes est celle de l’influence qu’ont les images sur nos sociétés et de notre besoin de représentation.
La collection accumulée par l’artiste traite de cette idolâtrie et parle des déplacements de sens au sein même des représentations, interrogeant alors notre propre rapport à l’icône en tant que spectateur ; l’assemblage fait également émerger une certaine récurrence dans la composition d’images, découverte au cours des recherches de l’artiste.
Il n’est pas question ici de suivre une chronologie mais plutôt de sauter de rocher en rocher1en déconstruisant la linéarité du temps. Par l’enchaînement choisi des images qui défilent sous nos yeux, l’artiste nous guide à travers sa collection, qui fonctionne telle une cartographie mentale, créant plusieurs récits simultanés.  
Travaillant à la manière d'un recherchiste avec intrinsèquement une démarche d’archiviste, puisant dans des sources aussi diverses que la culture populaire ou les ouvrages érudits, il répertorie un corpus de moments liés à différentes histoires. Alexis Guillier y soulève la question de l'intention artistique originelle qui est constamment secouée au cours de son avancée dans le temps, laissant place à une nouvelle interprétation et interrogeant les limites de l’œuvre.
Alexis Guillier enrichit cette collection de manière évolutive ; pour sa présentation à Piano Nobile, elle questionne en partie la place de l’image au sein de la Réforme protestante.

Bénédicte Le Pimpec

1Terme emprunté à Edouard Glissant lors d’un entretien avec Hans Ulrich Obrist sur la question de la constitution d’un musée et de sa temporalité. In Conversations, paru aux éditions Manuella, 2008, Paris, page 295/296.