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Végétatif
Gaël Grivet

L’espace environnemental que construit Gaël Grivet a pris racine dans une troublante expérience visuelle provoquée par le motif d’un papier peint. Science-fiction et complexité informatique se rejoignent dans ce projet où l’artiste crée un scénario illimité recouvrant les murs du lieu d’exposition.

Projet en collaboration avec Gaspard Buma

Du 16 mai au 21 juin 2008
Exposition prolongée jusqu'au 31 juillet

Avec le soutien du Fonds d'art contemporain de la Ville de Genève
Soutiens 2008 à Piano Nobile:

V FNA

 

 

  Pour une exposition ou pour l’espace public G. Grivet crée en s’appuyant de manière sensible sur l’identité intrinsèque du lieu, l’idée, souvent issue de signes persistants, naît à partir d’une situation ou de conditions particulières, voire d’une contrainte. La diversité des médias utilisés découle du fait que le site détermine généralement leur choix. Une tendance à déformer une situation de départ à l’aide de filtres subjectifs qui s’appliquent à un niveau formel et sémantique; une récurrence à s’appuyer sur une logique ou un programme qui ont le potentiel de poursuivre de manière autonome l’impulsion donnée (et souvent manifestés par un procédé ondulatoire) ; ces attitudes relient le corpus d’œuvres éclectique dont chaque élément présenté n’est que la pointe de l’iceberg. Pour une exposition intitulée Phrance (2007-8), par exemple, G. Grivet réunit des éléments trouvés ou fabriqués qui miment ou transforment certains symboles caractéristiques de l’Hexagone. Dans un projet pour l’espace public en cours de réalisation (Pinch, passage des Grottes, Genève), il utilise l’effet Photoshop du même nom qui sert à déformer les images, pour simuler dans le réel un mouvement continu sur les modules muraux existants. Pour Hobby (2006), une série de dessins dont une narration naîtrait par l’accumulation, il applique une sorte de filtre technique à des images trouvées dans différents supports d’informations. Ces dernières sont reproduites ou réinterprétées à l’aide d’un trait répétitif au stylo Rotring sur le papier. Une autre systématique sous-tend au projet Mille (2006, travail en progrès) : il consiste à associer des mots à chaque nombre de un jusqu’à mille, qui ensemble composent des titres, des expressions ou des appellations reconnus. Pour Végétatif, un programme informatique a été créé qui prend comme base et transforme un élément ayant fait partie du quotidien de l’artiste pendant quelques années : un papier peint. Celui-ci lui ayant déclenché une expérience aussi ténue qu’angoissante, l’artiste s’est donné comme visée de fixer, en le reproduisant, l’objet sur lequel il avait un instant fantasmé une vie autonome. Ce « décor » environnemental créé dans la première salle de l’exposition évoque un espace domestique propre à l’origine du projet. Le second espace dont le statut se définit en négatif vis-à-vis du papier peint, sert de support au récit personnel, elliptique, de l’origine du projet. Le cœur de l’expérience. Les mots en grisaille intégrés au mur sont les témoins de l’idée initiale et contextualisent le trouble généré par la perception vibrante du papier peint. Le processus de création se trouve dans le champ de l’intelligence artificielle plus que dans une simulation de vie biologique. Le développement de l’élément n’a plus qu’un lien métaphorique avec le végétal. D’un motif imaginé à la base par un peintre, un cheminement continu mène à sa reproduction mais de manière aléatoire. Un comportement de croissance est défini par différentes conditions, notamment la capacité des branches à se détecter les unes les autres pour ne pas se chevaucher. Différents langages informatiques sont utilisés pour créer le code qui a permis de générer le visuel illimité du papier peint et plusieurs étapes de précision ont permis de se rapprocher de l’homogénéité du modèle d’origine. Ainsi, le projet joue sur la notion d’ornementation dont le type d’utilisation habituelle sur un papier peint, motifs répétés et « rassurants », contrôle en quelque sort l’espace sur lequel il est apposé, définit un rythme. Ici, l’aléatoire du motif et l’ampleur du dessin provoquent un sentiment étrange d’envahissement, amorce possible d’un scénario fantastique.