mac11

 

ACTUEL PIANO NOBILE DEPUIS 1995 LIENS CONTACT ASSOCIATION

 

Le couscous reste collé entre mes vraies et mes fausses lèvres.
Y a une piscine à ton chalet?
Marie-Luce Ruffieux, Gilles Furtwängler

Exposition:
Du 23 au 25 septembre
 
Lectures :
Du 23 au 25 septembre (programme identique chaque soir)
Le silex se fractionne en arcs de cercle selon des lois constantes et contrôlables, Marie-Luce Ruffieux
Poèmes, Gilles Furtwängler

En guise d’introduction, les extraits de paroles rapportées, présentes dans le titre, reflètent la manière de travailler des deux artistes. Au cours de cette proposition de trois jours, les deux formes de présentation – lectures et exposition silencieuse d’images et de textes simplement montrés - , se complètent et se répondent.

La première partie du titre est une anecdote tirée du making of d’un documentaire qui se veut une reconstitution sur la vie des premiers hommes. Entre deux scènes, une situation cocasse donne lieu à la remarque « le couscous reste collé entre mes vraies et mes fausses lèvres ». La vidéo de Marie-Luce Ruffieux issue de ce même documentaire, comme les autres images proposées par l’artiste dans le cadre de l’exposition, s’intéresse au traitement de sujets tels que les civilisations disparues dans des documentaires scientifiques. Décalage entre réalité et interprétations ; gestuelle opérées autour d’objets mis en scènes. L’image en mouvement aller-retour cadrant des vases étrusques, extraite d’un documentaire qui présente les nouvelles technologies de fouilles archéologiques sous-marines, en est un clin d’œil. Également trouvées, les images de chorégraphies improvisées d’une famille sur une plage jouent sur des analogies avec la forme du documentaire et la présentation de certains comportements. De même que dans son travail plastique, l’artiste se penche sur des situations anodines et objets banals d’où émanent poésie et fabulation.
Le texte lu et performé est extrait d’une vidéo-interview que l’artiste a tournée sur son grand-père, « une conférence improvisée traitant d’archéologie approximative » : le protagoniste parle d’une collection de pierres dans lesquelles il projette une histoire archéologique. L’appropriation d’un récit, le télescopage de paroles transcrites puis énoncées par une autre voix avec quelques indices glissés du dispositif d’origine, donnent finalement lieu à une interprétation qui gagne un sens nouveau.

Les poèmes de Gilles Furtwängler se composent de mots trouvés et d’écrits personnels. L’artiste se penche sur le comment de la pensée et de l’expression, du langage, du ressenti vis-à-vis de ces mécanismes. Dans son travail plastique, fortement empreint de texte lui aussi, il utilise les phrases comme des assertions qui sont imprimées, projetées, sérigraphiées ou placées sur des drapeaux. Selon les supports choisis, elles s’apparentent à des cartels ou encore à des slogans apposés à l’espace de présentation. Ainsi « je bois de la même manière qu’il pleuve ou pas » est l’extrait d’un sondage paru dans un quotidien gratuit.
Ecrits ou lus, les textes imaginés ou rapportés sont autant de bribes de discussions, anecdotes, bruits de couloir ou mots scandés. Les paroles de monsieur et madame tout le monde de même que les citations publicitaires ou tirées d’articles de journaux révèlent une certaine connotation culturelle. Une observation auditive soutenue amène l’artiste à rapporter ces fragments, qui, présentés hors contexte et combinés à d’autres, s’ouvrent à de nouvelles interprétations ; assemblages qui peuvent décontenancer par une forme d’absurdité due aux collisions sémantiques. Les poèmes de Gilles Furtwängler soulèvent autant de sujets profonds qu’ils parlent de trivialité ; l’humour y a une place certaine.

 

 

 

MLRMarie-Luce Ruffieux ©Sébastien Leseigneur GFGilles Furtwängler

Dans le cadre de la MAC11