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Couverture

François Meunier

Du 14 février au 15 mars 1998

 

 

 

 

La Galerie Piano Nobile est un espace d’exposition d’art contemporain inhabituel. Loin du « White cube » conventionnel, c’est une pièce mansardée qui se situe au dernier étage d’un immeuble. Le plafond correspond au toit, la plupart des murs sont extérieurs, tandis que d’autres renferment des conduits de cheminée.

Cet espace brut a retenu l’attention de François Meunier, plasticien établi à Genève.
Sensible aux constructions fonctionnelles qui ont pour logique essentiellement leur utilité, il s’est intéressé à cet endroit, situé dans les combles, dénué d’agencement. Sa réflexion sur cet espace et ses matériaux qui le compose, vient enrichir son travail.

Visible dès l’entrée, une première sculpture frontale se présente sous la forme d’une cloison arquée, de taille assez haute, qui obstrue un espace en cul de sac. Cette structure proche du barrage, s’emboîte sur l’architecture préexistante : encastrée entre le mur latéral et la paroi de cheminée, l’intervention renvoie à un autre regard. Prolongeant la cheminée, elle l’intègre à un nouvel espace formant un couloir fermé.
Cette construction ambiguë joue le rôle d’un lien architectural qui déploie l’espace grâce à sa  forme  concave  en  même temps qu’elle le clôt, et aussi d’un objet autonome aux constituants spécifiques. La tôle ondulée est utilisée avant tout pour ses propriétés physiques.
Sous un autre angle, le dédoublement de la cloison entretient, par sa face convexe, une mise en situation différente du spectateur.

Une autre oeuvre de François Meunier décrit un large tuyau dont les extrémités sont coupées en biseau. A l’intérieur, des ardoises sont disposées au sol de part en part. Elles invitent le regard à traverser cette portion de tunnel ovoïde.
Sa taille moyenne, ses pierres qui jonchent le parquet, ancrent cette pièce d’une manière solide, dans le lieu.
Sa construction est simple, minimale, ici, une couverture ondulée bicolore, dont l’intérieur noir accentue l’obscurité, et rappelle le papier goudronné du plafond de la galerie, supporté par deux fines armatures en cuivre.
Comme pour le « barrage » les matériaux se justifient en grande partie par l’économie de leur moyens : flexibilité et  résistance.  L’adéquation  entre  ce que 
l’on voit et les intentions de l’artiste, nous force à une lecture essentielle : ces oeuvres s’imposent comme des figurations d’archétypes.
Ces modèles de structures universelles sont la synthèse d’édifices architecturaux rencontrés au hasard des marches de l’artiste dans le paysage alpin.

En observateur, François Meunier repère ces constructions, sommaires dans leur ligne, mais faites pour résister en milieu hostile (barrages, paravalanches, tunnels,...) pour en tirer des structures fédératrices, qu’il réinvente par le choix de ses matériaux, d’échelle, et de lieu d’exposition.
                                                                              
(...) Sensible aux constructions fonctionnelles qui ont pour logique essentiellement leur utilité, il s’est intéressé à cet endroit, situé dans les combles, dénué d’agencement. Sa réflexion sur cet espace et ses matériaux qui le compose, vient enrichir son travail...
(...) En observateur, François Meunier repère ces constructions, sommaires dans leur ligne, mais faites pour résister en milieu hostile (barrages, paravalanches, tunnels,...) pour en tirer des structures fédératrices, qu’il réinvente par le choix de ses matériaux, d’échelle, et de lieu d’exposition. Texte de D. Rochet