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Inscriptions murales

Peinture murale
Fernando Palomar (Mexique)

Vidéos d'animation
Curatrice : Paola Santoscoy
Gabriel Acevedo Velarde
Humberto Duque
Gabriela Galván
Lorenzo Ventura
Jaime Cano

Du 12 novembre au 17 décembre 2005

Fernando Palomar, sans titre,
peinture murale, acrylique sur mur,
2005, détail

Gabriel Acevedo Velarde,
Prehistoria / Prehistory,
vidéos d’animation, DVD, 2005

Vue de l’exposition, vidéos d’animation
et peinture murale, 2005

Dans le cadre de la 11e BIM, Piano Nobile propose une création picturale in situ, un arrêt sur image capté sur son support mural. Artiste mexicain, Fernando Palomar travaille avec différents medias dont la peinture murale qui occupe une place centrale dans sa production artistique. Epurées, stylisées, évacuant les émotions et l’anecdote, ses images considèrent toute la surface du mur. Tels des instantanés, immobiles, elles semblent néanmoins prêtes à déborder de leur support pour se réinscrire dans le temps.

Dans l’espace Piano Nobile, Fernando Palomar a travaillé à partir d’une image réalisée au 17e siècle par le peintre hollandais Jan Van Goyen (Leiden 1596 – La Haag 1656). Se déployant sur les cimaises de l’espace d’exposition, le paysage marin apparaît en silhouette, inscrit dans une large bande peinte. Emergeant du mur blanc, formulé par le tracé d’un aplat de couleur, le paysage, suspendu entre figuration et abstraction, se révèle pas à pas, au gré du déplacement du visiteur.

En contrepoint de l’image peinte, une programmation de vidéos d’animation est proposée dans la seconde partie de l’espace, pensé comme un espace domestique. Réalisée par une curatrice de Mexico, Paola Santoscoy, la programmation déclinée sur deux moniteurs réunit des travaux récents de quatre artistes vivant au Mexique.

“La présentation prend la forme de petits programmes vidéo individuels, qui montrent plusieurs animations réalisées ces dernières années. La sélection se focalise sur l'animation en tant qu'extension de la pratique artistique de ces créateurs ainsi que comme alternative au médium du dessin. Dans ce cas, les artistes ont décidé d’investiguer plus avant le potentiel narratif des séries de dessins ou les possibilités de séquences basées sur des relations formelles. Considérant l’animation comme participant pleinement de leur oeuvre, les artistes n’hésitent pas à combiner au sein d’installation la présentation de vidéos d’animation avec des photographies ou avec des dessins.” Paola Santoscoy

Fernando Palomar
Extrait d’une interview parue dans le catalogue de la 11e BIM

Piano Nobile : Pouvez-vous parler du choix iconographique de vos œuvres et de votre style ?
Fernando Palomar : La plupart des images que j'utilise pour mes peintures murales proviennent à la base de cinq sources différentes : l'architecture baroque, les paysages de la peinture flamande du XVIIIe siècle, les schémas industriels du XXe siècle représentant des machines de transport, les photographies pornographiques contemporaines montrant des modèles féminins et les graffitis vus dans les rues. Je réalise le plus souvent ces images, simplifiées, dans des couleurs mates posées en aplats et parfois en utilisant le motif de la silhouette. D'ordinaire, je ne combine pas ces différentes références au sein d'une même œuvre. Je n'ai jamais choisi ces références, elles sont arrivées sur mon chemin. J’aime les machines, les femmes nues, les paysages marins flamands, c’est pourquoi je travaille avec ces motifs-là. C’est mon goût personnel, ce ne sont pas des éléments significatifs de ma culture - si l'on parle de culture mexicaine -, pour moi, ils représentent des éléments esthétiques et de valeur.

Quelle technique utilisez-vous pour réaliser une peinture murale : le report, le pochoir, à main levée ?
J'utilise toutes sortes de techniques, mais le plus fréquemment, je projette l'image sur le mur pour la dessiner à la main. Puis, je peins à l'eau, en utilisant de la peinture mate. Directement sur le mur.

Quelle est votre position par rapport à la peinture murale, eu égard à son histoire dans votre pays
Comme vous pouvez le constater, de par mes choix iconographique, un large fossé sépare mon travail de l'esprit des muralistes mexicains. Cette distance est à mettre en rapport avec l'intention didactique affirmée de ce mouvement d'une part et d'autre part avec l'aspect de résistance et de dureté, tout à la fois physique et idéologique, qui le caractérise; d'une certaine façon, mon travail essaie tout à la fois d'accentuer et d'apaiser cette énergie sentimentale et tragique présente dans presque tout l'art mural mexicain. J'imagine que devant "les Trois Grands" muralistes mexicains (Orozco, Rivera et Siqueiros), je passerais pour un illustrateur bourgeois ou même pour un peintre de salon, conservateur et ennuyeux.

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Interview conduite par Maryline Billod en collaboration avec Marie-Eve Knoerle